24/08/2012

REPRISE, CHAMBRE D'AMOUR, VASES COMMUNICANTS AVEC MATHILDE ROUX


Alors ses talons percent la neige. Ma petite poinçonneuse de trottoirs prend le large, quitte le récit de mon cœur. Le paysage se rétracte et devient « pièce » : quatre murs dont je ne perçois plus les contours et contre lesquels les mots qui scellent le contrat de cessation de notre amour viennent frapper. Ne plus appartenir à la ville mais à ce simple périmètre déterminé par arrêté sentimental : zone de non lieu, territoire dévolu à l’abandon. S’accrocher au sol et tout compter pour occuper l’espace et le temps : jours, passants, passions, larmes, velléités ankylosantes, connaissances qui s’échappent inlassablement. Dresser un inventaire scrupuleux de son quotidien pour oublier que j’oublierai et éradiquer les réminiscences.

Texte initialement publié sur le blog de Mathilde Roux quelque(s) chose(s) dans le cadre des Vases Communicants. 




Photographie :  Bernard Faucon, extraite de la série « Chambres d’amour »  

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