20/08/2009

JET-SKI



# La grosse femme et son mauvais goût dégoulinent sur ma cuisse.
Et la voilà qui jacasse et s’agite.
Agglutinés les uns aux autres, nous tentons de vaincre la promiscuité dans un bus bondé qui pue la sueur et la banalité.
# La grosse femme colle son cul contre mon postérieur. Je sens bien que mon mépris et moi la dérangeons.
J’augmente le volume. En accaparant mon audition, j’ai pour espoir vain d’annihiler mes sens visuel et olfactif. [Jamais rien compris à cette absence d’attention pleine des sens lorsqu’ils sont, dans le même temps, chacun mis à contribution.]
# La grosse femme rentre à peine de vacances, son bronzage cramoisi est là pour en témoigner.
# La grosse femme a fait du jet-ski avec son mari et, comble de joie, son beau-fils a aussi fait l’acquisition d’un bolide des mers.
# J’imagine les cuisses juteuses de la grosse femme s’écraser sur le plastique salé ; la cellulite apparaît lorsqu’elle se crispe. Là aussi elle gigote. Elle glousse et s’accroche à son bonhomme. Elle lui dit de ralentir mais « paf ! » : il est déjà trop tard. Le dos frappe la vague, la cellulite est dans tous ses états. La peau rougit immédiatement et gondole ; sous le choc, les bourrelets s’épaississent sur les zones transversales du corps de la grosse femme.
Elle boit la tasse, crie, remue les bras, encombrée de son gilet de sauvetage. La grosse mémère a perdu ses lunettes de soleil. Le bon toutou revient la chercher, lui tend la main d’un geste brave qui trahit néanmoins un soubresaut de crainte. Mais c’est qu’elle est pas fine la Simone. L’imbécile désastre se produit. Le fier et aimable saint-bernard est entrainé dans la flotte. Il remonte péniblement et contemple sa bouée d’épouse se débattre dans le lagon.

Photographie : Massimo Vitali

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