31/07/2009

INGURGITATION MASSIVE ET ACCOMMODEMENT RAISONNABLE GASTRONOMIQUE



Auprès d’eux : jamais faim.
Il suffit de remplir son estomac jusqu’à ce qu’il cède ou que l’esprit, coupable et culpabilisant, le rappelle à l’ordre et lui ordonne de se contracter.
Homard / Diverses terrines campagnardes et dites « de la mer » / Tartines grillées, beurrées et nappées de confitures maisons, sans sucre ajouté, Bonne maman / Langoustines / Riz exotique, épicé, nature, pilaf / Crêpes / Jardinière de légumes / Glaces banane et caramel beurre salé / Soles meunières / Chocolats et mignardises servis avec leurs prétextes caféinés / Pommes de terre au four, à la vapeur, sautées, braisées, régulièrement escortées d’une noix* de beurre / Porc chinois / Poulet biologique au cidre / Rillettes de thon au piment d’Espelette, à la tomate et ses olives confites, au gingembre et queues d’écrevisse / Porc aux pruneaux dorés au miel servi avec son suprême de coquillettes** / Millefeuille de pommes et son coulis de fruits rouges*** / Gaufres / Steak de hampe / Raviolis vietnamiens / Chichis / Gratins de macaronis / Tartare de saumon / Réglisses américains / Pain brioché / Viennoises natures et chocolatées / Baguettes céréales / Abricots, brugnons et pêches / Pain brun / Pique-nique pluvieux / Esquimaux chocolat passion, chocolat pistache et double choc.

Cette ingurgitation massive était certainement l’expression de quelques dérangements passagers. Puisque jusqu’ici tout allait bien, la prescription culinaire était plus réjouissante que les analyses freudiennes disproportionnées en ces circonstances.
Le lundi suivant, je reprenais le rythme de la famine quotidienne : un simple déjeuner et un vague picotage qui tenait lieu de dîner. Cette restriction s’imposait et avait pour fonction de pallier les trop nombreux et frénétiques achats vestimentaires. Logique redoutable : afin de s’incruster dans les 34 et 36, il était nécessaire de ne commettre aucun excès. Une fois le défis relevé et le crépitement de la CB plus question d’envisager des mets de luxe ou restaurants endiablés, le compte et l’estomac restent affamés : accommodement raisonnable gastronomique.

* Noix :

Euphémisme honteux et sombre mensonge. Il faut ici entendre et comprendre : « gros rubicube de beurre ».

** Ici, la coquillette est l’artiste supérieure de cette pièce en cinq actes (petit déjeuner, déjeuner, café, goûter, dîner et grignotages).

Le lecteur la salue et lui rend grâce en accomodant son prochain repas de cette micro pasta.

*** Palimpseste culinaire : sucre et beurre dans le fond du moule, une strate de pommes très finement découpées, un lit de beurre, une nappe de cassonade / Une couche de pommes, beurre, cassonades, pommes… jusqu’à occupation complète du réceptacle.

Cuisson : durée indéterminée.

Le coulis de fruits rouges peut être remplacé par une crème anglaise onctueuse servie tiède.


Photographie :  Irving Penn

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