02/04/2013

EN ENFANCE (AVEC CLAUDE ROUYER)




Là où l’on effeuille l’âge tendre.
En Enfance, pas de travestissement.
Niché au coin de / Au tournant / En marge / 
Dans l’espace d’un possible instant. 
Où l’on se pare, drape, couronne, nappe, voile, masque, natte, poile, couvre de bijoux et bagatelles, là où l’on taquine le coton nuageux et le regard de l’adulte inquisiteur, intrigué, heurté, où les chagrins, doutes et angoisses naissants se recouvrent encore de possibles jeux et espiègleries.
Alors que l’on s’amuse au pied de l’automne, à l’écart, en lisière, dans des prairies quasi forestières.
Cette enfance a l’odeur des cotons, bois de santal, fougères, orties et herbes tout juste coupées, mousses fraîches, tissus, feuilles piquées aux forêts et éparpillées sur le parquet, tapis persans et autres nappes qui leur sont offerts en gage.
Qui survit certainement au premier âge ?
Mon enfance est un avant-deux au parfum de coccinelles. Plages infinies investies par les bêtes à bon Dieu. 1991, le littoral normand a des allures stendhaliennes, rouge et noir façon Hitchcock. Les insectes se réfugient entre les grains de sables et échouent à marée haute. Cauchemars à poids et déjeuners en terrasse relevés. Ma madeleine est un plat au goût de coccinelle. 

Photographies : Claude Rouyer 

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