13/01/2010

BÉNIT SOIT LE TÉLÉPHONE PORTABLE !

Le bon dieu avait plongé dans sa soupe dès le plus jeune âge. Nul ne fut étonné que son premier mot aille droit dans les buts du seigneur : « Amen » entre deux balbutiements baveux.
Elle avait souri et contenu le chagrin provoqué par le reniement maternel. Le mieux et l’ennemi du bien, le petit cabot dans son excès de zèle juvénile bâtit ainsi le puits d’amertume dans lequel elle le plongerait quand il aurait atteint l’âge de raison.
Ici on culpabilisait un peu mais on se savait hors de danger lorsque l’ombre alvéolé du grillage du confessionnal le plus proche de la bêtise venait chatouiller le visage.
C’était un brave soldat : gentil prieur, doux enfant de cœur, bon communiant, mari courtois la croix sous la chemise, père de famille nombreuse dès trente ans. Seule ombre au tableau, sa folle passion pour les ordinateurs et objets technologiques de toute espèce.
Elle n’était pas mormone pour autant mais elle avait choisi de considérer cela comme un affront à la foi et à l’éducation qu’elle s’était efforcée de lui inculquer. Le gentil chiot d’aveugle ne s’était jamais rebellé. Il avait tout fait pour satisfaire les insatisfactions de sa douce mère. On l’avait informé il y a un mois d’une messe qui allait se tenir en l'église St. Lawrence Jewry à Londres. On y bénirait les téléphones portables au cours d’une cérémonie. Il s’était arrangé au près de quelques hautes instances pour en être et s’était rué dans l’Eurostar, là, il avait brandi son mobile immédiatement irradié par la grâce de Dieu. L’église avait une fois de plus devancé l’autorité maternelle.

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