01/12/2009

SORTIE DE SECOURS



Puis finalement sortie de sa vie en toute discrétion, de la façon la plus lâche et respectueuse : dans le silence de la disparition. J’avais d’abord fait un sacré tintamarre, me targuant quelque peu sciemment de quelques vilenies.
Les mots parsemés sur mon plancher : j’avais écrit plusieurs lettres que je m’étais ravisée d’envoyer. Je les avais tout bonnement laissées recouvrir le sol et m’étais pris plus d’une fois les pieds dans cette rupture.
Après m’être écartée du territoire français pour une courte durée, avoir dégueulassé quelques oreillers de larmes, ri avec mes amis, encombré mon corps d’alcool, trouvé le réconfort dans des bras honnêtes et accueillants, m’être égarée auprès d’individus dont je suspectais l’honnêteté, je respirais un peu entre quelques relents d’amertume et de regrets.
La peine était bien maigre à côté de la sienne mais je n’avais plus le courage d’assumer le poids du chagrin.
Ces mots là ne servent à rien, en vue de restrictions économiques de la logorrhée, je ne reviendrai jamais. Il ne s’agit désormais plus d’un vœu.

Photographie : Katherine Squier

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