28/07/2009

CONTREDANSES AFFECTIVES



Il me parlait de ses « amies » sur un ton badin et faussement désintéressé. Mon cœur assistait désarçonné aux défilés de gambettes lisses et élancées, aux danses de poitrines généreuses qui s’offraient tout aussi généreusement aux regards des passants et aux diverses parades des midinettes / nanas de haut rang / princesses au sang bleu / pépés aux silhouettes longilignes / poupées gonflées et siliconées / petites putes aux sourires enjôleurs.
Puisqu’imaginées et jalousées, Elles ne pouvaient avoir que les atouts et qualités qui me faisaient moi-même défaut. Je ne doutais néanmoins pas - prétentieusement - de la prédominance de mon esprit et de ses jeux sur ces objets de désir frivoles et passagers.
Leur évocation me meurtrissait paisiblement, me rappelant les contredanses affectueuses que je m’étais sciemment collées sur mon par-brise cardiaque fracturée. J’envisageais la suite des événements avec crainte et me lamentais en silence de mon triste sort que, par faiblesse et facilité, je qualifiais alors de destinée. J'avais à peine 24 ans et pensais la vie et l'amour perdues d'avance. 

Photographie Juergen Teller

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